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Ce premier reportage de 2016 est un peu spécial pour moi puisque Rétromobile est le premier évènement à être couvert pour la dixième fois sur le site. Comme les deux années précédentes, la profusion de vente aux enchères et le passage de l'avant première presse en soirée font que je dois prévoir le déplacement sur deux jours. C'est large mais sur une journée, ce serait trop court. J'ai essayé d'organiser ces deux jours intelligemment: pour des raisons essentiellement financières, mon train ne partira qu'à 08h30 mardi. Direction les Invalides pour la vente RM, qui ouvre à 12h00. En milieu d'après midi, j'irai Porte de Versailles pour essayer d'entrer à Rétromobile durant la fin du montage. Raphaël, qui m'a gentiment logé les dernières années, étant au ski, j'ai trouvé un hôtel à quinze minutes de marche du salon. Le lendemain, je commencerai donc par le salon avant de filer au Grand Palais pour la vente Bonhams. Toujours pour bénéficier du billet le moins cher, je reprendrai le train à 20h23, sans doute avec les pieds en compote. Mais aussi les yeux plein d'étoiles, en tout cas je l'espère.

La trêve hivernale ayant commencé tard, j'ai joué les fainéants pendant tout le mois de janvier, ce qui a été plutôt agréable. Résultat, je n'ai pas regardé de près les animations prévues cette année au salon et je n'ai rien pré-rédigé sur les ventes aux enchères. Bouh, pas bien! En tout cas c'est agréable de se lever à une heure normale pour partir sur un évènement. Dans le sac à dos, j'ai mis le 6D avec le 24-105 et le 17-40 au cas où, plus le nécessaire de toilette. Une besace vide pour les éventuels achats et le trépied, me voilà bien chargé. Arrivé à Paris vers 10h30, je commence donc par RM Auctions, dont le reportage suivra celui-ci. D'après ce qu'on me dit, l'accès à la Porte de Versailles est très aléatoire, mais devrait être autorisé à partir de 14h30. Après une rapide restauration américaine, nous arrivons finalement vers 15h15, sous une pluie battante. Le vigile a peut être pitié de nous; en tout cas nous entrons sans difficultés grâce au mail de confirmation d'accréditation. Ouf, soulagement! Cà ne sera pas le cas pour tout le monde, parmi ceux qui arriveront après.

Allez, c'est parti. La plupart des stands est encore en cours de finition donc la situation n'est pas forcément idéale mais au moins, toutes les barrières ne sont pas encore en place. Voici d'abord une rare 512 BB blanche.

Une AC Cobra estampillée Equipe Europe, que l'on peut donc supposer authentique, aux côtés d'une Lola T70 Mk III.

       

Sur le même stand, une Bizzarrini et une superbe Ferrari 250 GT Pinin Farina Cabriolet.

       

Et voici déjà du très lourd: la Jaguar XJR-9 victorieuse aux 24 Heures du Mans en 1988. Ca faisait six ans que je ne l'avais pas vue. Ca commence bien.

       

Dans les allées et sur quelques stands, les plastiques qui protègent la moquette sont encore en place, ce qui n'est pas très séduisant. Mais encore une fois, l'absence très temporaire des barrières l'emporte. Voici une Alpine A220, connue de ceux qui fréquentent Le Mans Classic

Juste à côté se trouve cette Porsche 907 inédite pour moi, le châssis 031, qui a couru à Daytona, Sebring et Le Mans entre 1969 et 1972. Elle a terminé quatrième à Sebring et dispose apparemment de l'un des historiques les plus limpides parmi les 907.

Une superbe Ferrari 312 B3, le châssis 010, qui a couru en 1973 avec Jacky Ickx. En 1974, elle fut attribuée à Niki Lauda mais servit surtout de voiture de réserve, sauf à Monaco où elle ne rallia pas l'arrivée.

Une 512S bien connue, châssis 1016, vue notamment à Chantilly

Une Ferrari 312 F1, châssis 007, avec ses fameux spaghettis.

       

En quelques mètres, j'en prends plein les yeux! Regardez cette Ferrari 225/250 S Vignale, elle n'a l'air de rien? Pourtant, il s'agit du châssis 0156ET, vainqueur des Mille Miglia et des Douze Heures de Pescara en 1952. Elle a aussi participé sans terminer aux 24 Heures du Mans, à la Carrera Panamericana et au Tour de Sicile. L'année suivante, entre des mains privées, elle a pris la huitième place à la Targa Florio et au Tour de France. C'est l'un des très gros morceaux du salon en terme de palmarès.

Et juste à coté d'elle, qui m'a plus tiré l'œil du fait de sa livrée, voici 0161EL, la 212 Inter Vignale qui a terminé deuxième de la Carrera Panamericana en 1951, puis vingt quatrième en 1952 aux mains du patron des fameuses Industrias 1-2-3. Quel doublé énorme, et des voitures que je n'avais jamais vues en plus! On peut dire que ma quête de châssis significatifs vient de faire un grand bond en avant.

Sur le même stand se trouve aussi cette reconstruction de 246 Dino, châssis 0004/R1

Reconstruction également que cette Lancia D24, châssis R0002. Dans les années 1990, Lancia approuva la construction de quatre D24 autour de moteurs originaux de D24, D25 et D20 qui avaient survécu au grand ménage de 1955 à l'usine. Cet exemplaire dispose du moteur authentique D2500001.

Et une réplique des fameuses Lancia Ferrari D50. Six ou huit voitures auraient été construites, dont deux seulement survivent à ce jour dans des musées. Au moins six ou sept répliques auraient été construites par la suite à partir de moteurs originaux, dont celle ci, 0004R, à partir de composants du châssis numéro 004.

Ici 0152EL, une Ferrari 212 / 225 Sport Vignale qui a terminé neuvième des Mille Miglia et deuxième du Tour de France en 1952.

Le stand de Lukas Hüni s'annonce lui aussi énorme, même si je n'aime toujours pas la présentation en file des voitures. Je reviendrai.

Nouveau choc sur le stand RM Auctions qui fait la promotion de sa vente de Monaco avec cette 340 America Touring, châssis 0116A. Une voiture qui est toujours restée en Europe, a fait quelques sorties dont la Villa d'Este 2008 mais que je n'ai jamais croisée (j'ai commencé la Villa d'Este en 2009). Son palmarès n'est pas éblouissant mais elle a tout de même participé deux fois aux 24 Heures du Mans en 1951 et 1952 avec Louis Dreyfus, sans terminer. Je reviendrai quand les plastiques auront disparu.

Chez Peter Auto, on annonce le grand retour des Groupe C sur tous les évènements de course historique de la saison, ce qui est une excellente nouvelle. Au Mans Classic, les Groupe C devraient courir en ouverture et clôture des plateaux habituels.

Deux voitures de qualité chez Sport et Collection, comme d'habitude: la châssis court 1811GT et la 308 Groupe IV 21071. Elles sont cependant connues donc je ne m'attarde pas.

       

Une petite pause devant cette 365 GT 2+2 avant de repartir sur les poids lourds. Tenez vous bien.

Voici 3077GT, une Ferrari 250 GT California châssis court inédite pour moi.

Et me voici devant le stand Fiskens, qui est toujours mon préféré du salon: présentation claire et intelligente des voitures, plateau exceptionnel... chaque année c'est une fête. Et 2016 ne fait pas exception, au contraire. Voici d'abord une Lotus 91 ex-Nigel Mansell, dans la légendaire livrée JPS. Ce châssis, 91/7, a participé à 13 courses en 1982, montant sur la troisième marche du podium au Brésil et terminant quatrième à Monaco.

       

Derrière, une vielle connaissance: 1002, la 512M ex-Escuderia Montjuich qui a participé deux fois aux 24 Heures du Mans et a terminé deuxième du Tour de France 1971 et des 1000 kilomètres de Paris 1970.

       

Une autre Ferrari jaune, mais pas pour les mêmes raisons. Celle ci n'est pas de provenance hispanique mais belge. Il s'agit, à mes yeux, de la plus belle des 512 BB LM, le châssis 22715, qui a couru au Mans pour l'Ecurie Francorchamps.

       

       

Juste à coté, une Porsche 962C, le châssis RLR 202 construit par Richard Lloyd Racing. Elle aussi a couru dans la Sarthe.

       

La Ferrari 365 California Spyder n'est pas ma Ferrari découvrable préférée mais je ne vais pas cracher sur une voiture produite à 14 exemplaires seulement. Celle ci, certifiée Classiche, porte le numéro de châssis 9849.

       

Exceptionnelle toujours, cette 166 / 246 Dino, châssis 0010. Cette voiture a commencé sa carrière sous forme de 166 F2, courant en 1968 avec Ickx, Bell ou Brambilla. A la fin de la saison, elle fut récupérée par Chris Amon pour courir en Championnat Tasman, en Australie et Nouvelle Zélande. Pour l'occasion, elle fut équipée d'un V6 de 2.4 litres. Derek Bell, au volant de 0010, prit la quatrième place du Championnat, remporté par Amon sur 0008. Cette dernière était présente en 2015 aux Modena Tackdays donc j'ai eu la chance de voir les deux Tasman en quelques mois.

       

       

Voici ensuite cette Bizzarrini Competition Lightweight, châssis BA4 0106, qui a pris le départ des 1000 kilomètres de Monza en 1966, de la Targa Florio ainsi que des 24 Heures du Mans, deux fois.

       

               

Cette HWM Jaguar est XPA 748, qui a fait partie du team usine en 1953.

       

On enchaine avec une rarissime 934 RSR Turbo, châssis 930 670 0153, une des 31 produites. Livrée en 1976 à Jean Blaton dans une livrée jaune, elle courut au Mans en bleu blanc rouge suite à un accord de sponsoring conclu à la dernière minute. Elle revint dans la Sarthe en 1977, abandonnant une deuxième fois, avant de s'imposer aux 600 kilomètres de Spa en 1978.

       

Autre lot de choix, cette Alfa Romeo Tipo 33/2 Daytona Coupé, châssis 019, construite chez Autodelta. Les archives du préparateur ne sont pas connues pour leur rigueur et la description est un peu vague mais il semble que 019 fasse partie du triplé de classe aux 24 Heures de Daytona en 1968, bien que je sois incapable de dire à quelle position.

       

Ici une Alfa Romeo 6C 1750 Grand Sport, châssis court, numéro 10814377, présentée au Salon de Paris 1933, et qui serait la seule 1750 GS cabriolet carrossée par Figoni survivante.

       

Sur une autre estrade, voici S875027, une des trois Jaguar Type E livrées à Briggs Cunningham et converties aux spécifications Lightweight.

Il nous reste deux voitures à voir chez Fiskens, et non des moindres. La première est une voiture surprise: Fiskens n'a communiqué nul part à son sujet, elle ne figure pas dans ses brochures ni sur son site et Gregor Fiskens m'a demandé d'être patient quand je lui ai demandé confirmation de mes recherches. Evidemment il s'agit d'une Porsche 356B Carrera Abarth GTL. Vu sa couleur et son numéro, je suppose qu'il pourrait s'agir du châssis 1002 qui a couru au Mans en 1961 avec le numéro 37, pour le compte du français Auguste Veuillet.

       

       

       

Enfin, mon coup de cœur du stand et même du salon, cette sublime Alfa Romeo 6C 2500 Competizione Coupé, châssis 920.002. Juste après la deuxième Guerre Mondiale, Alfa Romeo Corse construisit un lot de trois 6C, dont celle ci. Beaucoup d'experts s'accordent à dire que la 6C 2500 est la dernière grande Alfa jamais construite. Livrée à un pilote privé, 920.002 fut engagée dans quatre Mille Miglia consécutives de 1948 à 1951 et trois Targa Florio. Elle termina troisième des MM en 1948, et deuxième, troisième puis cinquième de la Targa Florio! En 1954, elle fut acquise par un collectionneur français qui la conserva jusque dans les années 90.

       

       

Bon, elle n'a pas la plus élégante ou la plus fine des carrosseries italiennes mais elle ne ressemble à aucune autre et je trouve qu'elle a une gueule.

       

Les grands constructeurs sont bien entendu au rendez vous. Renault et sa division Classic ont vu les choses en grand avec un immense stand bien fourni. Voici d'abord la réplique de la Type AK de 1906 qui a remporté le premier Grand Prix  de l'histoire de l'automobile, disputé au Mans.

Une réplique de la 40 CV des records de 1926, qui a roulé pendant 24 Heures à 173.649 km/h de moyenne.

       

Une Nervasport, du même type que celles qui ont remporté le Monte Carlo et le Liège - Rome - Liège en 1935.

Une 4 CV qui a couru les 24 Heures du Mans en 1951.

L'Etoile FIlante de 1956, qui a atteint 306.9 km/h au kilomètre sur le lac salé de Bonneville.

       

La Dauphine qui a remporté la victoire au général lors du Rallye Monte Carlo en 1958.

La dernière des quatorze Renault 17 Groupe V d'usine produites.

Une Alpine A310

et une M65

Une Renault 5 Alpine Groupe II, modèle qui s'est illustré en compétition entre 1978 et 1980.

La Renault 20 Turbo 4x4 des frères Marreau, vainqueur du Paris Dakar en 1982

Une Formule Renault de 1974

La Formule 1 RE 40 d'Alain Prost en 1983

Et une superbe Renault 21 Superproduction de 1988

Merci Renault, un petit stand de ce genre pour la prochaine fois?

Peugeot montre quant à lui deux voitures qui seront engagées dans le prochain Tour Auto: une 203 et une 403

       

Chez Citroën, je ne me suis guère attardé, hormis sur cette DS 19 GT Bossaert habillée par Frua, seul survivante connu d'une série de treize.

Poursuivons! Une deuxième 512 BB blanche! Et une 288 GTO,

       

des Lamborghini,

       

des Porsche

       

une Stratos

Le Musée National de l'Automobile - Collection Schlumpf a disséminé plusieurs voitures dans le salon, comme cette Maserati 300S, châssis 3065

une Gordini Type 32 chez Peter Auto

et cette Voisin C24 issue des réserves du Musée.

Parmi mes chères voitures de course, voici une Sprint Car de 1946 et une Lola

       

Chez Ascott, la Nomad Mk I, châssis numéro 1, vue à Chantilly en 2014

La Duckhams LM, châssis numéro 1 également. Premier prototype construit par Gordon Murray, il a couru au Mans en 1972, 1973 et 1974.

       

La Pescarolo LMP1, châssis numéro 5, qui compte elle aussi trois participations dans la Sarthe, en 2007, 2008 et 2009, avec une belle troisième place en 2007.

Une Lancia 037, châssis 68

et une Ford P68, châssis numéro 2, qui devrait être engagée en Classic Endurance Racing cette année. La P68 a été créée en 1968, quand la cylindrée des moteurs fut limitée à 3 litres en Groupe 6. Ford abandonna officiellement la compétition, laissant certains teams comme JWA se débrouiller avec les GT40. Alan Mann Racing, de son coté, décida de construire un tout nouveau prototype autour du moteur V8 DFV 3 litres de Formule 1. Hélas, les P68 ne parvinrent à terminer aucune des courses auxquelles elles prirent part en 1968, parvenant tout de même à arracher la pôle position aux 1000 kilomètres de Spa. Trois exemplaires furent construits, dont deux survivent aujourd'hui. Quant au Cosworth DFV V8, il devint le moteur le plus victorieux en F1 et motorisa le vainqueur des 24 Heures du Mans 1975. Comme beaucoup de projets, la P68 a souffert du manque d'investissement d'un grand constructeur qui aurait pu changer son destin. 

Voici également une BMW LM, châssis numéro 1, qui a participé au Mans en 1998, 1999 et 2000

       

Sur le même stand, une Renault R25, version Formule 1

une Maserati Barchetta, voiture destinée à courir en formule monotype et construite à 17 exemplaires.

Et une Alfa Romeo GTA

Ici une terrifiante Chevrolet Camaro qui a remporté sa classe à Daytona (sixième au général) et à Sebring (huitième) en 1984. Auparavant, elle avait fini deuxième de classe aux 24 Heures du Mans (dix septième au général) 1982. Elle vient d'être restaurée dans la livrée du Mans.

Rétromobile impose d'être terriblement vigilant pour ne rien louper car les merveilles ne sont pas forcément signalées avec une grosse flèche en néon. Ainsi cette Benetton B192-05 avec laquelle Michael Schumacher a remporté la victoire au Grand Prix de Belgique en 1992,

ou cette McLaren M6B, idéale pour fêter les 50 ans du Championnat CanAm en 2016

       

Mais surtout, mon dos s'est glacé quand j'ai lu qu'une des Porsche 911 les plus significatives était présente. Après avoir cherché fébrilement, j'ai trouvé UNE photo de la voiture. Ouf! Cette RSR 2.8, châssis 911 360 0705, a remporté la victoire au général lors des 12 Heures de Sebring 1973.

Et sa voisine de stand n'est autre que 18847, une des quatre Ferrari 308 Groupe B produite par Michelotto. Elle a couru en Championnat d'Europe des Rallyes en 1984, terminant une fois deuxième. En décembre 84, Bjorn Waldegaard la mena à la troisième place du Rallye de Monza. Heureusement que le nom du Champion du Monde sur la portière a attiré mon attention car je l'aurais sans doute considérée comme une Nième conversion. Bref, un stand énorme devant lequel il aurait été facile de passer. D'ailleurs, sur ce même stand j'ai carrément loupé une 250 Europa, 0297EU! Heureusement que je l'avais déjà croisée aux Mille Miglia, sans quoi je serais encore en train de me taper la tête contre le mur de mon bureau.

Dans le même ordre d'idée, l'une des voitures les plus marquantes du show était plutôt bien cachée, et très difficile à photographier: une Alfa Romeo 8C 2900B Touring, châssis 412024. Seuls cinq exemplaires ont été carrossés de la sorte.

       

Sur le stand de Touring Superleggera, voici la 275 GTS de Raquel Welch, 7359GT, vue à Chantilly, restaurée durant 8 mois chez Touring et une carrosserie Frua de Maserati A6g Gran Sport (châssis 2028)

       

Une autre 275 GTS un peu plus loin, 8015GT, déjà le nez dans les barrières. Ca me hérisse de faire ce genre de photos.

Cette 275 GTB, 7765, était présente aux Modena Trackdays donc je n'insiste pas.

J'ai retrouvé Vincent qui m'emmène vers l'espace réservé à la vente Artucrial. Rétromobile déborde désormais dans un autre hall, que l'on rejoint en traversant une passerelle. Sur cette passerelle se trouve une exposition célébrant les 110 ans de l'Automobile Club de l'Ouest. Une partie du Musée du Mans a fait le déplacement, avec une Porsche 904, cette DB Panhard installée façon slot racing

       

0014M, la 166MM, et 908-022, que j'avais vue au Mans Classic avec sa carrosserie "Solar Productions" et qui est là dans sa configuration Sebring (deuxième en 1970 avec Revson et McQueen).

       

Egalement présente la Dino Berlinetta Speciale

       

qui n'hésite pas à montrer ses dessous.

       

Bon, impossible de rentrer chez Artcurial avant 19h00. Mais il y a aussi de nombreux stands dans ce hall, comme par exemple celui exposant une partie de la collection d'une certaine Julia, amatrice de voitures de sport. Voici une Voisin C14 Chartre et une Aston Martin Headlam Coupé, toutes deux de 1930.

       

Une Bugatti type 35B et la Type 40 "Lidia", qui a remplacé ses roues pleines par des roues à rayons.

       

Une Maserati A6GCM et une Alta 1,5 GP. Cette dernière a appartenu à Roberta Cowell, née Robert, pilote de course puis de chasse durant la Seconde Guerre Mondiale, qui changea de sexe en 1950. Elle fut la première transsexuelle britannique à entreprendre ce genre de chirurgie.

       

Non des moindres, voici une des trois McLaren M3A construites, châssis M3A/2, ex Patsy Burt, qui fut utilisée intensivement en course de côte.

       

Et enfin une Frazer Nash Le Mans Coupé, qui fut la dernière Frazer Nash à participer aux 24 Heures du Mans, en 1959.

Allez, retour dans le Hall principal où se trouve cet étonnant camion Pathé Marconi dans le cadre d'un hommage au styliste Philippe Charbonneaux.

       

Revenons aux constructeurs.

Porsche a amené une de ses GT1-98

mais aussi cette 718 W-RS Spyder, châssis 718 047, un prototype qui a couru dans le monde entier durant quatre années (ce qui lui valu le surnom de "grand mère". En 1961, avec un moteur 4 cylindres, elle emmena Jo Bonnier et Dan Gurney à la deuxième place de la Targa Florio. L'année suivante, cette fois avec un huit cylindres de deux litres, elle termina troisième de la Targa Florio et des 1000 kilomètres du Nürburgring. En 1964, elle remporta le Championnat d'Europe de la Montagne.

       

Mercedes nous a déjà habitué à plus spectaculaire, malgré la présence de quelques cabriolets argentés sympathiques.

       

Chez Bugatti, je ne sais pas si on a bien saisi l'étymologie de Rétromobile. L'inverse de Futuromobile en quelque sorte, ce n'est pas si compliqué.

       

L'heure officielle de la soirée d'inauguration approche. Je reviens chez RM voir de plus près cette sublime 340 America.

       

       

Egalement proposée à Monaco, cette 250 Turbo 16 Evo 1 Groupe B, châssis C11, menée à la victoire par Ari Vatanen au Rallye Monte Carlo et en Suède en 1985.

Chez Axel Schuette, le plateau est extraordinaire mais la lumière est pourrie et les voitures bien trop serrées. Rétromobile quoi. Voici une 904 Carrera GTS, châssis 904-050, manifestement totalement originale et non restaurée.

Une 250 Passo Corto, avec le nez dans les barrières.

Cette véritable Ferrari 365 GTS/4 Daytona Spyder, châssis 17073, est la dernière des 122 produites, avec cette teinte Oro Chiaro ceinturée de noir originale.

Même teinte dorée pour cette 275 GTS, châssis 07189. Je l'avais croisée à la vente RM de la Villa Erba en 2013.

Et une 275 GTB, châssis 6643

De l'autre coté du stand, les grand mères ont toute la place nécessaire, comme cette Mercedes ou cette Bentley 6 1/2 Litre.

       

Dans l'allée, une autre Bentley, une 4 1/2 Litre, châssis FS3617

Bon, c'est l'heure, je remonte chez Artcurial pour couvrir les voitures de la vente et profiter du cocktail pour me débarrasser du repas du soir. Depuis le haut de l'escalier, Rétromobile apparait dans toute sa splendeur et ses défauts: lumière jaune pour la plupart des stands, avec un supplément de spots blancs pour les plus fortunés.

Après avoir couvert la vente (et mangé un peu de charcuterie et d'huitres), je fais un tour un peu plus rigoureux du hall supérieur, où se trouve cette Carrera GT

mais surtout cette Lancia 037

       

ainsi que quelques joyaux

       

En traversant la passerelle au retour, il y a un gros attroupement sur le stand de l'ACO. Pas là, un peu plus loin.

Jean Todt est en train de donner une interview.



Mais j'avoue que mon attention a plutôt été attirée par son épouse, Michelle Yeoh, dont j'ai récemment ré-apprécié l'incroyable combat contre Zhang Ziyi dans Tigre et Dragon. Je ne m'en lasse pas.

Bon, il reste encore plein de merveilles à voir. Chez JD Classics notamment, juste à coté de Fiskens. On y trouve une 250 GT Passo Corto, châssis 3487GT, une version acier.

       

une 250 GT Tour de France, 1335GT, une version à une louvre. En 1959 et 1960, elle a été engagée dans de nombreuses courses de côte, remportant une victoire au général et terminant plusieurs fois sur le podium.

       

et une magnifique F40 LM, châssis 97893, l'avant dernière des 19 produites.  A priori elle n'a jamais couru sur circuit donc elle est virtuellement neuve.

       

       

Bref trois bijoux, trois nouveautés pour moi. Sur le même stand, entre autres, cette Daytona

et une Porsche

       

Il est plus que temps d'aller visiter un autre stand majeur du salon, toujours plein de modèles rares et sublimes: Lukas Hüni. Cette année ne va pas faire exception à la règle, même si je n'aime pas trop l'agencement du stand.

Pour commencer, une Bentley R-Type Continental par Mulliner, châssis BC44LC. Livrée neuve en France en 1954, elle fut exportée aux Etats Unis en 1960. A son arrivée au port de New York, elle fut sérieusement endommagée lors du débarquement et reprit donc le chemin de l'Angleterre pour être réparée.

       

Cette Aston Martin DB3 S est le châssis DB3S/108, qui fut livré aux couleurs américaines avant d'être repeint en British Racing Green trois semaines plus tard et qui courut aux mains de gentlemen drivers.

       

Cette Jaguar XKSS, châssis XKSS704, a un bel historique en course. Profitant de son ADN très typé compétition, elle a remporté la première course dans laquelle elle a été engagée, un enduro de 6 Heures dans le Maryland, en 1957. En 1958, elle se classa troisième du Championnat SCCA, puis quatrième en 1959.

       

       

Tout aussi significative, cette Type D, châssis XKD524, est l'une des plus originales existante. Elle est restée 48 ans chez son premier propriétaire et dispose encore de sa peinture d'origine, n'ayant parcouru que 6800 miles. Au début de sa vie, elle a participé à différentes épreuves en Amérique du Nord: SCCA, courses de côtes, dirt tracks et même des courses d'accélération avec la NHRA. En 2015, elle a reçu deux prix à Pebble Beach: premier de la classe "Postwar preservation" et Trophée FIVA de la voiture d'après guerre la mieux préservée.

       

       

Tout comme la XKSS, elle n'est pas à vendre mais est juste en démonstration et on peut remercier Lukas Hüni de faire venir des Etats Unis des voitures aussi exceptionnelles, qu'il serait sans doute difficile de voir en Europe sinon. L'avenir nous dira si nous la verrons cette année dans un Concours d'Elégance de ce coté de l'Atlantique. En tout cas, Nick Mason avait l'air très intéressé.



Voici une magnifique Bugatti Type 59 Grand Prix de 1934, châssis 59124. La Type 59 n'a pas connu le même succès que la Type 35, à cause de difficultés financières et à la concurrence des richissimes marques allemandes, mais elle est considérée comme l'une des plus belles voitures de Grand Prix de tous les temps, avec notamment ses roues à rayon "piano". Cet exemplaire, hautement original, a été conduit presque exclusivement par le pilote d'usine René Dreyfus, qui a remporté avec lui le Grand Prix de Belgique à Spa en 1934. Une fois vendue à la fin de la saison, la Bugatti continua à courir entre des mains privées durant plusieurs années.

       

       



Ici une Mercedes-Benz 26/120/180 S-Type par Saoutchik, développée notamment par Ferdinand Porsche. La Type S allait donner naissance à une extraordinaire dynastie de compétitrices: SS, SSK et SSKL, qui allaient dominer les circuits à la fin des années 20. A priori dix huit exemplaires de 680 S Roadster Saoutchik ont été fabriqués, dont seuls neuf survivent à ce jour, parmi lesquels 35968 présenté ici.



L'intérieur est en lézard.

       

Une authentique Ferrari Daytona Spider, châssis 16801, totalement (sur-)restaurée. Elle est à vendre.

       

A ses cotés, une Ferrari 275 GTB Short Nose, châssis 07319. Elle est certifiée mais a pour le moment perdu sa teinte d'origine: Oro Chiaro avec intérieur rouge.

       

Ici une Lancia Astura Serie III sur châssis court, portant une rare carrosserie Torpedo Sport par Viotti.



Cette Bugatti Type 55 Jean Bugatti Roadster porte le numéro de série 55234. Sur les 13 exemplaires survivants, dont seulement six avec leurs carrosserie et éléments mécaniques d'origine, celle ci serait la seule a être non restaurée.



Une Lancia Flaminia 2500 Sport Zagato 3C, aux côtés d'une Aurelia B24 Spider America

       

Voici une Alfa Romeo 8C 2300 Cabriolet par Figoni Paris de 1934, châssis 2311239.

       

       

Et enfin une Bugatti T57 SC Atalante, châssis 57511

Il est temps de se diriger doucement vers la sortie, en gardant les yeux bien ouverts. Il y a des Ferrari partout. Et non des moindres: 250 GT Pinin Farina coupé et cabriolet

       

pas moins de 3 Lusso !! 5783GT,  4419GT

       

et 5525GT

une autre 365 GTB/4 marron, et une 365 GTC/4 d'une couleur originale également.

       

Je n'ai même pas essayé de tenir le compte des Bugatti.

Je quitte le salon vers 21h00 et remonte la rue de Vaugirard pendant une quinzaine de minutes. Trouver un hôtel à 65 euros la nuit si près du Parc des Expositions m'a un peu inquiété. Le réceptionniste m'annonce que ma chambre est au cinquième étage mais que l'ascenseur est en panne à cause de travaux. Oh, et l'interrupteur à coté de la porte ne marche pas mais la lampe à la tête du lit fonctionne. Finalement c'est moins pire que je le craignais. C'est même très correct. En plus, le salon ne rouvre ses portes qu'à 10h00 donc je peux légumer au lit comme jamais. Je finis quand même par partir à 09h15. L'accès aux exposants et médias est autorisée dès 09h30, après une fouille approfondie. Ca me donne une demi-heure d'avance sur la foule.

Le Musée de Beaulieu est venu avec trois voitures de records, conçues pour la vitesse. La doyenne est cette Napier de 1903, réputée plus ancienne voiture de course britannique ayant survécu jusqu’à aujourd’hui. Elle participa, entre autre, à la célèbre Coupe Gordon Benett de 1903. C’est à son volant que le pilote Charles Jarrott, alors qu’il était en pleine accélération, fit une embardée et finit par se retourner dans le fossé. Lui et son copilote furent blessés et la Napier partiellement détruite. Elle est motorisée par un impressionnant moteur 4 cylindres de 7,7 litres

       



Ici, la Darracq V8. En 1905, l’ingénieur mécanicien Ribeyrolles accoupla 2 blocs moteurs 4 cylindres sur une base commune et créa ainsi un énorme 8 cylindres en V. Il fut monté sur un châssis nu sans freins à l’avant, offrant deux places assises. L’absence totale de carrosserie laissait à l’air libre le gros moteur V8 surmonté de son réservoir d’essence en forme d’obus. En 1906, dans un bruit de tonnerre, le gros V8 de 25 litres et demi de cylindrée lâcha ses 200 chevaux et s’élança sur la piste d'Ormond Beach en Floride pour atteindre la vitesse de 197 km/h.

       

Et enfin, La FIAT S76, surnommée la « Bête de Turin », conçue en deux exemplaires en 1911. Les ingénieurs italiens de l’époque montèrent sur un châssis un imposant moteur qui, à l’origine, était conçu pour propulser des ballons dirigeables : 4 cylindres, pratiquement 30 litres de cylindrée, 300 chevaux, pour un poids de près d’une tonne. Fiat engagea le grand pilote italien Pietro Bordino, qui tenta plusieurs records de vitesse maximale sans jamais réussir à battre sa principale concurrente, la Blitzen Benz. Bordino arrêta l'aventure fin 1911 car il eut la frayeur de sa vie quand l’énorme FIAT dérapa à plus de 180 km/h pour finir sa course enlisée dans le sable de la plage de Saltburn. Par la suite, cette voiture indomptable fut vendue au prince russe Boris Soukhanoff . A son tour, il tenta des records. Il atteignit plus de 210 km/h à Ostende en décembre 1913, battant ainsi le record sur le kilomètre établi par la Blitzen Benz. Il raconta que la voiture était impressionnante à l’arrêt et terrifiante à conduire. Il fallait se battre en permanence pour maintenir le fauve en ligne droite et il était impossible de faire quoi que ce soit en virage du fait du poids de l’énorme moteur et du freinage inexistant. La voiture fut renvoyée à Turin fin 1913 après que le prince Soukhanoff soit passé très près de la mort à Brooklands. Vendue en Australie, la S76 fut finalement détruite dans un accident, accomplissant un destin longtemps et étonnamment repoussé.

       

La deuxième S76 était restée en réserve chez Fiat. Les ingénieurs italiens décidèrent de neutraliser cette bête infernale. La voiture fut réformée en 1920 puis démontée. Par respect de la prouesse technique, seul l’imposant moteur fut conservé. Pratiquement un siècle plus tard, Duncan Pittaway, un anglais qui se passionnait pour l’histoire de la FIAT S76 passa des années à rechercher la trace de cette fabuleuse voiture. Son acharnement et sa patience le menèrent sur la piste d’un châssis retrouvé dans le fond d’un garage en Australie, vraisemblablement celui de la Fiat accidentée et d’un moteur conservé dans les années 20 par FIAT. Le collectionneur rassembla ces vestiges historiques et redonna vie à la FIAT S76.



Les trois voitures font partie d'une démonstration dynamique et seront démarrées chacune à leur tour devant le bâtiment. L'un de mes grands regrets de cette édition est de ne pas avoir assisté au réveil de la S76, crachant les flammes tel un dragon de fort méchante humeur.



Le Musée des blindés de Saumur poursuit lui aussi son partenariat avec Rétromobile en présentant notamment cet énorme T34 soviétique. De conception simple, étudiée pour une production de masse, ce blindé sommaire entra en vainqueur dans Berlin en 1943. Sa rusticité lui avait permis de traverser les immenses plaines russes et leur climat hostile, là où les chars allemands sophistiqués s'étaient épuisés. Le T34 représente le plus fabuleux effort de guerre produit par une population affamée, disséminée et constamment bombardée. Au début de l’été 1941, alors que l’armée allemande s’enfonçait rapidement dans les grands territoires russes, 25 millions de civils russes se mobilisèrent pour commencer à déménager les 1 500 usines de production militaire. C’est en plein hiver, malgré des températures descendant à - 40 °C, que des milliers de trains surchargés livrèrent le matériel pour reconstruire entièrement des complexes industriels à plus de 300 km de leurs lieux d’origine. Beaucoup d’ouvriers redémarrèrent les chaînes de montage des T34 alors que les usines n’avaient pas encore de toit et encore moins de chauffage. Les hommes valides livraient de terribles batailles sur le front tandis que les femmes, les enfants et les vieillards travaillaient nuits et jours au montage des armes et des chars. Grâce à ces efforts désespérés, les troupes allemandes furent stoppées à quelques kilomètres de Moscou. La carrière du T34 continua jusqu’en 1996. En tout plus de 22500 exemplaires furent construits. La version présentée est un T34/85 équipé d'un canon de 85mm.

Je repasse chez Tradex,

       

dont je dois encore vous montrer la majorité du stand: Maserati A6G/54 Zagato, châssis 2123, et le fameux châssis 052

       

une superbe Alfa Romeo 155 DTM

et une Porsche RSR

Juste à coté, chez Tillack, on change le display à la dernière minute, en poussant les voitures à quelques centimètres les unes des autres. Je reviens sur la perle du stand.

       

Les grandes manœuvres sont l'occasion d'une belle photo de famille.

Sur le stand se trouve également cette Brabham BT8 BRM

et cette étrange Bugatti aux allures de merguez. Présentée comme une Type 57/59 Roadster Special, il s'agit du châssis BC128. En fait, il s'agit d'un projet mené sur 12 ans, ce qui ne peut qu'inspirer le respect. La carrosserie a été créée en 1982, en extrapolant ce que Jean Bugatti aurait pu créer pour les Etats Unis s'il avait vécu. Le châssis serait un vrai Bugatti, de Type 59 modifié, le moteur est celui d'une Type 57 et les roues celles de la Type 59. Bref un très étrange hybride qui a été reconnu par le Bugatti Owner's Club qui lui a délivré l'identifiant BC128. Apparemment cette voiture a déjà beaucoup fait parler d'elle mais je la découvre.

       

Voilà pour la première participation de Tillack à Rétromobile: un mélange de voitures au pédigrée exceptionnel et des meilleures répliques disponibles sur le marché. Un gros potentiel pour les années à venir.

       

Parmi les bonnes surprises du salon, voici la Glöckler-Porsche 356, un modèle unique construit pour les Mille Miglia 1956 sur base de 356 Pré-A, équipée du moteur Carrera de Ernst Fuhrmann et d'une carrosserie en aluminium. Walter Glöckler était le revendeur Volkswagen et Porsche à Francfort et il conçut lui même sept voitures entre 1948 et 1954, la dernière étant celle ci. Juste avant, sa 1500 Super avait attiré l'attention de Porsche qui confia à Glöckler le développement et la construction des premières 550 Spyder. Le moteur de cet exemplaire fut livré par Porsche en exclusivité, avant même qu'il n'équipe les 356 Carrera. Il porte le numéro 16, les 15 premiers étant des prototypes, ce qui fait de ce modèle la plus ancienne Carrera existante.

       

Au niveau style, la filiation avec la 550 est assez évidente. Le coupé présente notamment une large baie vitrée arrière (pour surveiller les adversaires) et des portes débordant sur le toit pour permettre un accès rapide même en portant un casque. Hélas la voiture ne fut pas prête pour les Mille Miglia et participa uniquement au Liège-Rome-Liège, où elle dut abandonner.

Chez Movendi, elle est accompagnée d'une Miura,

       

d'une Aston Martin 1 1/2 Litre Le Mans dans son jus

d'une Mercedes-Benz 500K Cabriolet A, l'une des 33 produites et 14 survivantes recensées

et d'une 300SL.

En parlant de 300 SL, j'avoue que leur nombre m'a souvent poussé à les snober les années précédentes. Cette fois, je m'y suis intéressé de plus près, et je ne l'ai pas regretté. En particulier chez HK Engineering dont le stand était particulièrement impressionnant. Ce roadster a été livré neuf en 1957 à l'acteur Clark Gable.

       



Ce superbe coupé a été exposé au Salon de Bruxelles 1954 et est passé depuis entre les mains de Bernie Ecclestone et Vern Schuppan.

       



Le propriétaire de ce coupé patiné est Claude Picasso, le fils de Pablo.

       



Ici une voiture très importante puisqu'il s'agit du premier des cinq prototypes de 300 SL roadster.

       

Sur le même stand, un autre très bel exemplaire.

       

De très beaux exemplaires également sur d'autres stands.

       

       

L'an dernier, l'exposition phare mise en place par le salon concernait les Pegaso. Cette année, on pouvait en trouver encore deux dans les allées: une Z-102 Touring, châssis 0102-153-0162, présentée à Turin et Paris en 1955

et le châssis 0102.153-0171, une Z-102 à carrosserie Enasa.



Pas de collection prestigieuse en exposition cette année, comme celles de Mullin ou Lopresto, mais un thème vraiment atypique puisqu'il s'agit des voitures Rhomboïdes. Pour être plus clair, des véhicules à quatre roues positionnées en losange. Voici d'abord l'Alamagny de 1947, dont l'avant et l'arrière sont identiques. Les éléments de carrosserie en aluminium symétriques furent fabriqués chez Pourtout, et fixés sur un châssis réalisé chez Amédée Gordini. Ils basculent pour donner accès à quatre places dos à dos. Un moteur de Simca 5 entraine le train central. A Montlhéry, l'Alamagny fut chronométrée à 95 kilomètres par heure avant d'être remisée dans l'atelier Gordini. Dans les années 80, le fils Gordini fit un grand nettoyage et le prototype attendait le passage du ferrailleur quand il fut sauvé par un amateur éclairé qui le paya au poids du métal.



Ici la Pininfarina PFX de 1960, qui fut exposée au Salon de Turin dans le cadre d'une recherche aérodynamique. Avec une mécanique Fiat en porte-à-faux arrière, le Cx descend à 0.20.

       



Cette voiture sphérique est l'Automodule, de 1968, conçue pour une opération publicitaire. Elle peut se dresser sur ses "pattes" et tourner sur elle même.



La City, prototype d’une mini voiture citadine électrique à carrosserie coulissante, conçue par Philippe Charbonneaux



Et l'Ellipsis, lui aussi conçu par Philippe Charbonneaux en 1970 dont la forme ovoïde de la carrosserie devait optimiser la protection des passagers en cas de choc, la caisse ceinturée d'un solide tube en acier étant censée glisser sur l'obstacle.

       

Charbonneaux toujours pour ce prototype de Wimille à conduite centrale.

Le Musée National de la voiture du Palais de Compiègne présente également une exposition sur les tous débuts de la mobilité individuelle mais j'avoue que j'ai un peu zappé. Bien trop vieux pour moi. Voici tout de même la Diligence à vapeur du marquis de Broc, dernière automobile construite par Amédée Bollée père sur un dessin de son fils. Pesant sept tonnes, elle pouvait transporter jusqu'à dix huit personnes à 20 km/h. Elle fut utilisée sur route de 1885 à 1896.

Et ici la Berline de gala de la République française, construite en 1896 par Mühlbacher pour la venue du tsar de Russie Nicolas II. Elle était attelée à deux chevaux.

Je pense avoir fait un tour à peu près exhaustif du salon (quoique pas tant que ça avec le recul) mais il me reste trois catégories de stands à visiter. Le premier n'est pas très photogénique, il s'agit des libraires. J'achète le deuxième tome d'Emotion Ferrari chez Maurice Louche, qui va me peser sur l'épaule jusqu'au retour à la maison. Puis je passe du coté des modélistes, qui proposent comme d'habitude des modèles somptueux.

       

       

Dont de nombreux et époustouflants modèles à grande échelle

       

       

       

ou toute petite

       

Et enfin, il reste le village des artistes.

J'espère que vous avez de la place dans votre salon.

Natacha Toutain, bien sûr.

Un peu d'épices.

Mes goûts me porteraient plutôt vers ce genre de tableaux, car pour moi la représentation de qualité photographique en peinture n'est pas d'un grand intérêt.

       

       

Et puis il y a le gros buzz du moment, Unique & Limited, dont le concept inédit consiste à créer des tableaux de course sur ordinateur. Ici on crée de toute pièce la photo parfaite qui n'a pas été prise à l'époque.

       

Juste avant de sortir, je tombe au détour d'un stand sur une De Tomaso Vallelunga qui a bien failli m'échapper. Construite en 53 exemplaires de 1963 à 1967 avec un quatre cylindres en ligne Ford, elle précède la Mangusta dans l'histoire du constructeur.

       

Il est 12h20, j'ai rendez vous dans une brasserie pour un projet d'édition dont vous devriez entendre parler dans quelques semaines. Une nouvelle aventure! Puis c'est le départ en direction du Grand Palais pour la dernière étape de cette odyssée parisienne.

Alors, quel bilan pour cette 41ème édition de Rétromobile? Alors que l'interdiction de circulation des véhicules mis en circulation avant 1997 dans la capitale est confirmée pour le 1er juillet, Rétromobile confirme l'attrait du public pour les voitures de collection, en accueillant 110 000 visiteurs (contre 119 000 en 2015 et 94 000 en 2014). La surface est passée de 46 000 m² pour 450 exposants à 51 000 m² pour 550 exposants, avec plus de 500 véhicules présents.

Après un quarantième anniversaire satisfaisant mais en demi-teinte (en tout cas dans mon cœur de cible des voitures de course ou de grand prestige), cette fournée 2016 a été absolument exceptionnelle en terme de raretés et de voitures au palmarès exceptionnel. Les Ferrari étaient très nombreuses mais les autres marques n'étaient pas en reste. Une qualité qui met plus que jamais en évidence la difficulté de faire des photos correctes dans des conditions de lumière très difficiles et sur des stands complètement saturés. Mais bon, malgré ces défauts bien connus, je signe tout de suite pour le même nombre de merveilles l'année prochaine! Sans parler des ventes aux enchères, pas moins de 14 nouveaux châssis vont venir compléter les pages de Mes plus belles rencontres, dont 9 Ferrari, ce qui est juste incroyable. Parmi mes loupés, une Bizzarrini noire, la 250 Europa, une BMW Special à restaurer. Somme toute un moindre mal.

Voilà, trois reportages suivront, un pour chacune des ventes associées, avec pas mal de belles choses dans chaque donc restez fidèles!

 

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