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Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt, paraît il. Me voilà donc à 7H30 devant l'entrée de Fiorano. Bonne pioche car les quelques concurrents du concours arrivent tôt, pour ceux qui ne sont pas restées sur le circuit en tout cas. Brandon Wang arrive en Ford Focus donc inutile d'attendre ses voitures. 

       

       

Peter Kalikow en revanche arrive bien au volant de sa California.

Ca filtre dur ce matin à l'entrée du circuit, tous ceux qui n'ont pas de passe sont refoulés, même si ils roulent en Enzo ou en Daytona. Vexée, cette dernière décide de tomber en panne sur le champ. Heureusement Zanasi n'est pas loin. Des francophones sont également en panne.

       

L'un d'eux me dit qu'il m'a vu à Evian à l'arrivée du Tour Auto. Le monde des passionnés est vraiment incroyablement petit. Il va falloir d'urgence faire imprimer des cartes de visite à l'adresse du site! Ils me fait également part de la déplorable organisation de la veille sur le circuit: le public est invité à rejoindre les tribunes et rien ne se passe avant deux heures, l'eau qui manque dès le début de l'après midi alors qu'il n'y a pas un brin d'ombre sur le circuit... bref une organisation à l'Italienne, plus de passion que de raison.

Une étrange voiture approche. Sous sa carrosserie anguleuse, je crois reconnaitre une base de Daytona. La plaque NART ne m'étonne pas, on est bien dans le style. Il s'agit de 16467, une 365 GTS/4 Michelotti NART Spyder. C'est rare mais pas spécialement esthétique, à mon avis.

       

Contrairement à une superbe 599 GTB couleur champagne qui lui sied particulièrement bien, en plus de la distinguer des autres. La Dino verte se distingue facilement aussi.

       

       

Toutes les voitures du concours semblent être passées, je retourne vers la Galleria ou les voitures vont récupérer leurs accréditations. Le public est beaucoup plus nombreux qu'hier et la première Enzo qui arrive provoque un véritable attroupement.

       

Pendant que tout le monde est autour, la Daytona Competition se gare le long de la route escortée d'une F50 et d'une autre Enzo. Je me précipite car j'ai une petite idée de ce qui va se passer, y ayant déjà assisté de loin hier. Comme je l'espérais, la 365 démarre en faisant fumer ses pneus. Ce que je n'avais pas prévu en revanche, c'est le bruit énorme qui maltraite les tympans et affole le coeur. Emotion!

       

Coup sur coup passent une 599 GTB full black puis une 430 jaune jantes noires. Cette chausse est vraiment superbe et peu utilisée.

       

La 599 immatriculée dans le Doubs arrive également mais le conducteur me dit venir d'Alsace. Mystère. J'avais plus ou moins décidé de ne plus prendre les voitures de façons systématiques mais de me concentrer sur les plus exclusives mais ce n'est pas facile. J'essaie de me concentrer sur celles qui sont manifestement arrivées aujourd'hui ou qui présentent des particularités évidentes comme des bandes, une couleur spéciale ou des jantes originales.

       

       

       

       

Une Enzo du Enzo-club Deutschland arrive, avec son autocollant caractéristique similaire à celui des FXX.

       

C'est vraiment bien plus touristique aujourd'hui, il y a beaucoup de monde, les voitures se croisent dans tous les sens.

 

       

y compris les plus belles et surprenantes

       

Contrairement à hier, je ne me sens plus seul à ne pas être accrédité. Ca ne me console guère. Cela dit ce matin j'ai croisé le jeune collègue paparazzi qui m'avait dit connaitre (peut être) mon site. Il portait le fameux bracelet vert qui donne accès au circuit. Je n'ai pas hésité longtemps avant de me précipiter vers lui pour lui demander son stratagème. Il avait apparemment rencontré une famille propriétaire de Ferrari qui lui en avait donné un. Il m'annonce également que la famille doit partir vers Come vers 14H30 et me donne RDV pour récupérer un bracelet. Je n'ose y croire.

A 14h, je patiente devant l'entrée du circuit. L'après midi s'apprête à basculer. Je récupère donc le précieux sésame. Leur premier mot quand je leur demande leurs impressions est "hot". Je ne vais pas tarder à comprendre. J'attends un groupe important, me glisse avec eux et lève le bras pour montrer mon bracelet cassé coincé dans ma montre. L'accès a la caverne d'Ali Baba m'est ouvert, je suis en passe de rendre caduques deux jours de photographies.

       

Les voitures des clients sont garées sur la pelouse, il y en a un nombre impressionnant, Enzo et F40 ne sont plus des raretés.

       

       

       

Une étonnante Enzo déguisée en FXX, apparemment d'usine vu la qualité du travail

       

L'idée de les prendre une par une me déserte au moment où j'avise le display du Concorso. La séance photo commence. C'est vrai qu'il fait super chaud. A tout seigneur tout honneur, on commence évidemment par la 330 P4 (0856), la Ferrari la plus recherchée et la plus chère:

       

       

       

       

D'un coup, beaucoup de choses s'éclairent sur les magnifiques courbes de la P4/5 de James Glickenhaus.

puis les 250 LM: 6105

       

et 5899

       

puis la 268 SP 0798, dont le capot arrière m'enchante toujours autant, quelle pièce incroyable

       

       

vient ensuite la 500 TRC  0696 MDTR

       

       

la fameuse 860 Monza  0604 M, qui a gagné les 12h de Sebring avec Fangio à son volant

       

       

500 TR, 0638 MDTR

       

       

500 TRC, 0658 MDTR

       

       

 500 TR, 0620 MDTR

       

500 TR, 0610 MDTR

       

500 Mondial, 0452 MD, une des deux exemplaires construits sous forme de berlinetta, qui participa au Tour de France 1954 et aux Mille Miglia 1956 et 1957

       

l'unique exemplaire de la 330 TR, 0808,vainqueur du Mans en 1962, pilotée par Phil Hill et Olivier Gendebien, vendue 6,875,000.00 euros en mai 07

       

       

La superbe 315 S, 0684, qui gagna les Mille Miglia en 1957 avec Piero Taruffi à son volant

       

une superbe 340/375 MM, 0322 AM, qui courut au Mans en 1953, vendue aux enchères 4,235,000.00 euros en mai 07

       

       

340 MM, 0294 AM, qui courut les Mille Miglia en tant que voiture d'usine en 1953

       

340 MM, 0280 AM, vainqueur des XXéme Mille Miglia à la vitesse moyenne de 142 km/h

       

       

340 MM toujours, 0268 AM, vendue aux enchères 2,310,000.00 euros en mai 07

       

166 MM, exemplaire unique de Berlinetta Pinin Farina, 0346 M

       

166 MM, 0058 M

       

195 S, Berlinetta LM Touring, 0042 M, qui courut au Mans en 1950 et 1951

       

166 Inter Corsa, 0012 M

       

166 MM, 020 I, initialement le chassis 02C sous la forme d'une 125 S avant d'être modifiée et renumérotée

       

       

750 Monza Scaglietti Spyder s/n 0462M

       

250 MM, 0274 MM, propriété de Jess Pourret

       

288 GTO evoluzione, 79888, propriété de Jacques Swaters jusqu'en 2006

       

deux F40, 86572 et 87344 au fond et une 612 Scaglietti bicolore, 143555

       

une superbe 250 GT SWB Competizione, 2731, sixième scratch au Mans en 1961, elle est passée entre les mains du collectionneur Albert Obrist et du regretté Clay Regazzoni.

       

la classique 250 GTO de Brandon Wang, 4219 GT

la superbement non-restaurée 166/195 S Vignale. Vive le vintage!!

       

J'ai à peine shooté les voitures les plus importantes quand tout à coup les moteurs démarrent: c'est l'heure de la parade de la remise des prix, les voitures s'alignent.

       

       

Direction la petite piste aménagée que j'avais aperçue hier. Les tribunes sont chauffées à blanc donc je reste dans un virage sur l'asphalte. Ce n'est guère mieux, il fait au moins quarante degrés sur le bitume. L'attente entre les différents passage devient un enfer brûlant mais ça vaut le coup. Les résultats:

catégorie "Prime Grantursimo" 

1ère  250 GT Coupé Ellena 0697GT de Bruno Mayer

       

2ème   166 Inter Touring 029S de Nico Koel

       

3éme  166MM Barchetta Touring 0064M de Jacques Swaters

       

Catégorie "Granturismo Classiche"

1ère  330 GTC 10273 de Peter Schacke

       

2ème 250 GT Lusso 5715  d'Alexander Fyshe

3éme 250 GT Berlinetta SWB 3577 de Henri Louis Maunoir

       

Catégorie "250 GT Aperte", en lice, excusez du peu, Peter Kalikow, Paul Papallardo et Brandon Wang

1ère  250 California 2561  Peter Kalikow

       

2ème 250 California Alluminio 2015GT Paul Papallardo

       

3éme 250 California Prototipo 0769 GT   Brandon Wang

       

Catégorie "Le superamerica e le speciali"

1ère  375MM "Scaglietti" 0402AM    de Jon Shirley

       

2ème 250 GT Berlinetta "Zagato" 0515 GT de David Sydorick

       

3éme 250 GT Berlinetta SWB "Bertone" 3269 de Lorenzo Zambrano

       

Catégorie "275 GTB"

1ère  275 GTB long nose 08577  de Carlo Incerti

2ème 275 GTB Alluminio 07969 de Paolo Cavalieri

3éme 275 GTB Alluminio long nose 08155 de Michael Kwee

Catégorie "275 GTB4"

1ère  275 GTB4 10017 de John Mayston-Taylor

2ème 275 GTS4 NART 10749 de Clive Beecham

3éme 275GTB4 Spyder NART 09437 de Lawrence Auriana

Catégorie "275/375 GTS, 365 California"

1ère  275 GTS 08005 de Robert Brower Sr

2ème 365 California 08347 d'Emilio Gnutti

       

3éme 275 GTS 06877 de Peter Kernen

Catégorie "le ultime berlinette a motore anteriore"

1ère  365 GTB4 16619 de Fabrizio Camerini

2ème 365 GTS4 14375 de Dariush Ahrabian

3éme 365 GTB4 13873 de Silvio Trentin

Catégorie "le serie speciali"

1ère  F40 86572  de Peter Wharton Hood

2ème Enzo 135894 de Gabriele Guercioni

3éme GTO Evoluzione 79888, de Richard Bryan, heureusement qu'il s'agit d'élégance et non de performances

Catégorie "le prime vetture di corsa"

1ère  195S Berlinetta LM Touring 0042M d'Umberto Camellini

       

       

2ème 166 MM 0058M de Lorenzo Zambrano

3éme 166MM Berlinetta Pinin Farina 0346M de Henk Koel

       

Catégorie "le sport 12 cilindri"

1ère 315 S 0684 de John McCaw

       

2ème 340/375MM  0322AM de Luis Perez Campano

       

3éme 290MM 0626 ex Fangio ex Phil Hill de Ronald Stern

       

Catégorie "le sport 4 cilindri"

1ère  500 TRC 0696 MDTR de Gabriele Artom

2ème 860 Monza  0604AM  ex Fangio   ex Phil Hill  de Norberto Ferreti

3éme 500 TRC 0658MDTR de Claudio Caggiati

Catégorie "le 250 GT Berlinetta Tour de France"

1ère  250 GT Berlinetta Tour de France  1385GT de Pierre Mellinger

       

2ème 250 GT Berlinetta Tour de France 0773GT de Martin Gaensler

       

3éme 250 GT Berlinetta Tour de France 0607GT de Philippe Lancksweert

       

Catégorie "le berlinetta da corsa"

1ère  275 GTB Competizione  09085 de Anil Thadani

2ème 250 GT SWB  2731 de Marco Pelizziari

       

3éme 250 GT SWB  2839 de Carlo Perego

       

Catégorie "le sport con motore posteriore"

1ère  330 P4  0856 auquel le prix est remis par le trio Schumacher, Massa et Raikkonen

       

       

2ème 268 SP 0798 de Bernard Carl

3éme 250 LM  6105 d'Andrea Burani

       

Best of show "route"  375MM "Scaglietti" 0402AM

Best of show "course" 330 P4

        

Après une démonstration de la patrouille d'Italie, c'est au tour de la parade des voitures de course.

L'ordre de la parade va des plus anciennes aux plus récentes et commence, une Alfa Roméo P3 de la Scuderia Ferrari pilotée par Yvan Capelli

        

en glissade, puis d'une seule main: la grande classe!

       

Arrivent ensuite à un train raisonnable l'Auto Avio 815, la Ferrari qui ne dit pas son nom (pour des raisons de clause de confidentialité signée par Enzo Ferrari avec Alfa Romeo) construite en 1940 et pilotée ici par le vénérable Nino Vaccarella.

       

puis la 125 S, réplique construite par Ferrari de la première voiture à porter le cheval cabré en 1947. C'est Piero Ferrari qui pilote.

       

On passe ensuite aux premières monoplaces, avec la 375 F1 menée bon train par Luca Badoer, le pilote essayeur maison.

       

Gerhard Berger, à un rythme de sénateur dans une 500 F2 de 1953

       

une Dino 166 F2 pilotée par Andrea De Adamich

       

Ensuite la superbe 312 T3 menée bon train par Felipe Massa qui s'offre quelques donuts mais de l'autre coté du circuit.

       

       

Jody Scheckter prend le volant de la 312 T4 qui lui a offert le titre de champion du monde: ça glisse! Tellement qu'il finit en tête à queue. On va dire que les pneus étaient froids

       

       

       

René Arnoux dans la 126-C4 de 1984

       

Alesi dans la F1 de 1990 qu'Alain Prost qualifia de camion avant de sa faire licencier de la Scuderia

       

Ovation énorme quand Schumacher se présente. C'est ma première (et sans doute dernière) occasion de le voir au volant d'une des voitures qu'il a menées à tous les records. Un moment particulièrement significatif dans la vie d'un tifosi donc. D'autant plus significatif que Michael décide de sortir le grand jeu et effectue dans un mouchoir de poche une série infernale de tours sur lui même. A cinq mètres de distance, le bruit du moteur au rupteur est hallucinant. Ce n'est qu'en achetant de l'eau un peu plus tard que je constaterai que mon oreille droite est temporairement partie en congé. Loin de l'image froide et antipathique que le public (moi en tête) a pu ressentir pendant sa carrière de pilote (en particulier au début), Schumi se révèle comme un showman généreux et accompli.  Quel moment terrifiant et exaltant à la fois, et quelles photos!

       

       

       

       

Kimi Raikkonen, pas encore Champion du Monde, ne veut pas être en reste et offre lui aussi au public une série de donuts assourdissante. Bravo Kimi !

       

       

       

La FXX clôture ce magnifique défilé des voitures marquantes de l'histoire de Ferrari et donc de l'Histoire de la course automobile tant les deux sont intimement liées

       

Une fois la parade terminée, tout le monde quitte le circuit. Après avoir refait quelques clichés qui me manquaient, une 512 F1 0008 et la 166 Inter Touring 029 S

       

la spyder California de Papallardo, 2015 GT, qui prit quand même le départ des 24h du Mans en 1960

       

la 290 MM 0626 qui a un joli palmarès: 4ème aux Mille Miglia 1956 avec Fangio, 3ème aux 1000 km du Nürbürgring avec Phil Hill et Ken Wharton et vainqueur des 1000 km de Buenos Aires en 1957 avec Eugenio Catsellotti

       

le prototype des 250 California, 0769 GT de Brandon Wang

 je suis donc le mouvement.

       

Je photographie le panneau "Pista di Fiorano" dans un sens que je ne reverrai très probablement jamais

Quoiqu'il en soit, je suis tellement carbonisé que ma seule pensée est de retrouver la fraicheur de la chambre d'hôtel, et vite. C'est la que je découvre l'ampleur des coups de soleils que j'ai pris au milieu de la fournaise.

Peu importe, ça valait amplement le coup, une après midi exceptionnelle, un rêve inattendu et grandiose. Un grand grand merci à cet ami anonyme qui a généreusement proposé le deal qui a rendu tout cela possible. Si tu retrouves le chemin de ce site et que tu lis çà, n'hésite pas à me contacter. En tout cas grand merci encore une fois. Merci également à ces étrangers qui ont permis à deux passionnés de vivre ces moments rares. J'espère que leur voyage à Come aura été aussi doux que le mien il y a deux mois.

Libre à vous de quitter cette page par ici si vous avez terminé la consultation du site. A bientôt


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